POURQUOI
INTO THE POSSIBLE
INTO THE POSSIBLE EST UNE INITIATIVE PUBLIQUE INDÉPENDANTE FONDÉE PAR LA FORCE COMMUNE.
Nous partons d’un constat devenu difficile à ignorer : beaucoup des institutions censées organiser nos sociétés ne semblent plus capables de répondre aux problèmes qu’elles ont été créées pour résoudre. Les crises s’accumulent, les procédures se multiplient, les responsabilités deviennent plus difficiles à situer et les transformations réelles paraissent toujours plus difficiles à obtenir. Dans le même temps, notre dépendance envers quelques grandes institutions, plateformes et infrastructures techniques continue de croître.
C’est de là que part INTO THE POSSIBLE. Pas de l’idée que toute institution serait illégitime, mais du constat politique que trop de décisions se sont éloignées de ceux qui doivent vivre avec leurs conséquences. La question n’est donc pas seulement : qui gouverne ? Elle est plus profonde : pourquoi avons-nous si peu de prise sur les systèmes dont nous dépendons — et comment pouvons-nous en reprendre ?
UNE PART DE CE QUI ORGANISE NOS VIES SE DÉCIDE LOIN DE NOUS.

LE POUVOIR ORDINAIRE
Le pouvoir n’est pas seulement à l’Élysée, au Parlement ou dans un ministère. Il est aussi dans un règlement, un algorithme qui classe ou refuse, une procédure sans interlocuteur réel, une banque ou une plateforme dont il devient difficile de se passer.
LE POUVOIR NE SE MESURE PAS SEULEMENT AUX ORDRES QU’ON DONNE. IL SE MESURE AUSSI AUX CHOIX QU’ON REND POSSIBLES, IMPOSSIBLES OU OBLIGATOIRES.

LA RESPONSABILITÉ
Plus une décision traverse d’étages, plus sa responsabilité peut disparaître. Le gouvernement renvoie à la règle. L’administration à la procédure. La banque à la conformité. La plateforme à ses conditions. La décision s’applique, mais celui qui pourrait encore la changer devient difficile à trouver.
Ce pouvoir sans responsable clairement identifiable est l’une des réalités que nous voulons mettre au jour — parce qu’une règle que personne ne peut réellement assumer devient aussi extraordinairement difficile à transformer.
- QUI A DÉCIDÉ ?
- POURQUOI ?
- COMMENT CONTESTER ?
Lorsqu’il devient impossible d’y répondre clairement, la complexité ne produit plus seulement de la coordination. Elle produit aussi de l’irresponsabilité.
DÉPENDRE N’EST PAS CONSENTIR.
Nous dépendons d’institutions, de plateformes et d’infrastructures auxquelles il est parfois presque impossible d’échapper. Cette dépendance n’est pas un consentement.
Lorsqu’une organisation devient indispensable pour travailler, payer, communiquer, se déplacer ou accéder à ses droits, accepter ses conditions ne signifie plus nécessairement les avoir choisies. Une liberté sans possibilité réelle de sortie est une liberté amputée.

AVOIR PRISE
Avoir prise signifie pouvoir modifier ce qui organise notre vie. Pouvoir refuser. Pouvoir sortir. Pouvoir choisir un autre cadre. Pouvoir déplacer une décision plus près de ceux qu’elle concerne.
Une société dans laquelle nous pouvons choisir nos dirigeants mais presque jamais changer les systèmes qu’ils administrent finit par réduire la politique à la gestion de l’existant.
Nous voulons rouvrir ce qui a été fermé : la possibilité de décider autrement.

LA DISTANCE
La taille peut permettre de coordonner des millions de personnes, de construire de grandes infrastructures ou de répondre à des problèmes qui dépassent les frontières locales. Elle peut aussi créer une distance considérable entre ceux qui décident et ceux qui vivent avec leurs décisions.
Une institution peut devenir si complexe que presque personne n’en comprend plus l’ensemble. Une entreprise peut devenir suffisamment indispensable pour que la possibilité théorique de la quitter ne signifie plus grand-chose.
LA TAILLE N’EST PAS NEUTRE.
Plus un pouvoir s’éloigne de ceux sur lesquels il agit, plus sa responsabilité doit être claire et plus sa capacité à être contesté doit être réelle.

CE QUE NOUS REFUSONS
- Les systèmes où personne n’est responsable parce que chacun ne fait qu’appliquer.
- Les institutions qui exigent notre conformité mais ne nous donnent presque aucun moyen réel de les transformer.
- Les monopoles publics ou privés qui convertissent notre dépendance en pouvoir.
- La centralisation comme réponse automatique à chaque problème.
- L’idée que ce qui existe aujourd’hui constitue la limite de ce que nous pouvons organiser demain.
Nous croyons que le XXIe siècle devra être celui d’une autonomie retrouvée — celle des peuples, des communautés et des individus, en Europe, aux États-Unis et partout ailleurs. Les technologies qui transforment déjà nos sociétés ne doivent pas devenir de nouveaux instruments de dépendance ou de centralisation. Elles doivent rester à notre service : rapprocher la décision de ceux qu’elle engage, redistribuer les capacités d’agir et rendre possibles des formes d’organisation plus libres, plus responsables et plus humaines.
Nous ne voulons pas adapter indéfiniment les individus à des systèmes devenus trop grands pour eux. Nous voulons remettre les systèmes à l’échelle de la liberté humaine.
ALTERNATIVE
Les arrangements institutionnels actuels ne sont pas le seul cadre possible.
Une politique peut changer sans que l’institution qui la produit change. Un dirigeant peut partir sans que la dépendance créée par son organisation disparaisse.
C’est pourquoi INTO THE POSSIBLE s’intéresse à ceux qui exercent le pouvoir autant qu’aux règles, aux architectures et aux dépendances qui leur survivent. Elle explore d’autres formes d’organisation, de décision et de coopération.
INTO THE POSSIBLE n’est pas un parti et ne présente pas de candidats. Elle cherche à rendre les rapports de pouvoir compréhensibles, à rendre les responsabilités visibles et à favoriser la construction d’alternatives là où elles peuvent réellement fonctionner.
RIEN DE TOUT CELA N’EST FIXE.
Nos institutions ont une histoire. Nos technologies ont été conçues. Nos règles ont été écrites. Nos dépendances se sont construites. Elles peuvent donc changer. La question qui nous intéresse désormais n’est pas seulement de savoir ce qui ne fonctionne plus. C’est de savoir quelles formes de société peuvent rendre davantage de pouvoir de décision, d’autonomie et de responsabilité à ceux qui y vivent.
Nous voulons rendre possibles des décisions prises plus près de ceux qui en vivent les conséquences, des responsabilités identifiables, des institutions contestables et davantage de possibilités de choisir, de créer, de s’associer et de partir.
Une autorité commune là où elle est réellement nécessaire. Davantage d’autonomie partout où elle ne l’est pas.

LES SYSTÈMES DONT NOUS HÉRITONS SONT PUISSANTS.
ILS NE SONT PAS SACRÉS.
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